Les pronoms

Voici une présentation des pronoms de genre de la langue française et leur usage par les personnes non-binaires et les autres.

Quand on parle de pronoms, il s’agit des pronoms personnels qui dans la langue française sont genrés de façon binaire: il/lui/son/à lui pour les hommes et elle/elle/son/à elle pour les femmes.
Non seulement les pronoms sont genrés selon une binarité féminin/masculin, mais également les noms et les adjectifs.

Variété linguistique

Il existe des langues avec 3 pronoms (masculin, féminin, neutre) comme l'allemand, le russe, le grec moderne, le tamoul ; des langues avec plus de 3 genres et des langues ou le genre prend en compte des concepts comme animé/inanimé, abstrait/concret, et des critères encore plus subtils.
La majorité des langues n'ont pas de genre grammatical! 
Dans les langues sans genre, soit le genre est utilisé pour tout autre chose que le concept féminin/masculin(/neutre) soit il n'y a qu'un seul genre, soit il y a des pronoms genrés mais pas de déclinaison d'adjectifs ou de noms selon leur genre.
Par exemple le finnois, le turc, le chinois classique, le japonais, le thaï, le basque, ainsi que les langues bantoues (swahili, peul, bambara, yoruba,…) qui représentent près de la moitié des langues africaines!

La liste des langues mondiales et leur utilisation du genre (en anglais)

Dans le contexte francophone, pour les personnes non-binaires, qui donc ne s’identifient ni comme homme ni comme femme, il est frustrant de n’avoir que ces deux choix auxquels se rattacher. Plusieurs solutions existent alors.

Différents usages par les personnes non-binaires

Les néo-pronoms et leurs accords

Pour sortir de la binarité des pronoms il et elle, de nouveaux pronoms sont progressivement apparus dans la langue française depuis une dizaine d’année (leur histoire et les circonstances de leur création sont mal connues).
Le plus répandu est iel, qui se veut une contraction de il et elle.
On peut aussi noter l’existence de al, ol, el, ille.

Pour accorder les adjectifs au neutre, c’est un peu plus technique.

On peut utiliser des adjectifs épicènes comme magnifique, agréable, honnête, incroyable, immense, etc… Ces adjectifs s’écrivent et se prononcent toujours de la même façon.
A l’oral, on peut utiliser des adjectifs qui gardent la même sonorité quel que soit leur accord (principalement les adjectifs finissant en -é, -u ou -i comme joli·e, poilu·e, fatigué·e, etc).
A l’écrit, l’utilisation du point médian comme je l’ai fait ci-dessus permet d’inclure les 2 déclinaisons d’un adjectif.
Enfin que ce soit à l’oral ou à l’écrit, on peut utiliser des tournures de phrases qui évitent l’utilisation d’adjectifs.

Au lieu de «Cette musique me rend heureux·se.»: «Cette musique m’apporte beaucoup de bonheur.»

Plusieurs pronoms

Certaines personnes non-binaires vont avoir un seul pronom (il, elle, iel ou autre, et leurs déclinaisons) ou alors vont utiliser plusieurs pronoms.

Alex (elle/iel)
Alex a comme pronom elle ou iel, car iel sait que le pronom iel n’est pas maîtrisé par tout le monde et iel préfère alors qu’on utilise le pronom elle.

Une autre possibilité est d’utiliser plusieurs ou n’importe quel pronom en alternance. Et donc de se genrer et se faire genrer parfois au féminin, parfois au masculin, parfois au neutre.

Pourquoi indiquer ses pronoms si on n’est pas trans ou non-binaire?

En effet, les personnes cisgenres peuvent et même devraient indiquer leurs pronoms dans leur présentation (à l’oral, en signature des courriels, sur les réseaux sociaux, dans les biographies et documents de présentation…).

Cela pour plusieurs raisons.

1) Certains prénoms sont mixtes, épicènes, ambigus ou peuvent être genrés différemment selon l’orthographe ou le pays.

Dominique est un prénom épicène (il s’écrit et se prononce de la même façon au masculin et au féminin). Michel et Michelle se prononcent de la même façon. Lilian peut être un prénom masculin, comme pour le footballeur français Lilian Thuram, ou féminin comme l’écrivaine états-unienne Lilian Jackson Braun. Et mon préféré Sacha 😉 (ou Sasha) est l’abréviation slave d’Alexandre et est devenu à l’usage un prénom porté par des filles, des garçons et des personnes non-binaires.

2) L’apparence d’une personne ne définit pas son genre.

Comme nos standards esthétiques sont codifiés étroitement pour 2 genres (cheveux courts, chaussures plates, vêtements amples, etc… pour les hommes VS cheveux longs, talons hauts, jupes et robes, etc… pour les femmes), il y a des personnes cisgenres, transgenres ou non-binaires qui ont une apparence qui, par rapport à ces critères, est ambigüe.
Indiquer ses pronoms permet d’éviter tout malentendu et mégenrage (c’est-à-dire utiliser de mauvais pronoms et accords).

3) Pour normaliser les pronoms comme élément de présentation

Même si votre prénom est sans équivoque et que votre apparence est conforme avec les critères traditionnels de votre genre binaire, vous pouvez (devriez même!) indiquer vos pronoms. Cela permet de ne pas associer l’indication de pronoms avec le fait d’être transgenre, et ainsi de démocratiser le fait que le genre ne peut pas se déduire de la physionomie ou du prénom d’une personne.

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