Comment soutenir une personne non-binaire?

Vous apprenez qu’une personne de votre entourage est non-binaire, certainement suite à son coming-out. Que faire? Comment réagir? Que dire et ne pas dire?

Comment réagir lors d’un coming-out?

Laissez-moi d’abord vous parler du point de vue de la personne non-binaire qui fait son coming-out. C’est une situation stressante. A chaque fois.
Principalement parce qu’on ne sait pas comment notre interlocuteurice va réagir ; et selon nos liens avec cette personne, le coming-out peut avoir des conséquences plus ou moins importantes dans notre vie.
Des fois, on est forcé·s de faire notre coming-out, des fois on se fait «outer» par quelqu’un (pro tip: ne faites pas ça, on y reviendra plus loin), des fois on ne trouve pas les bons mots, bref le contexte ou la situation n’est pas forcément idéale.

Si je vous fais mon coming out, c'est que je vous considère comme une personne importante dans ma vie, que je vous apprécie, que je vous fais confiance et que je veux me comporter de façon transparente avec vous.

Comment réagir? 5 choses à faire:

  1. N’interrompez pas la personne qui fait son coming-out. Laissez-la finir de parler / écrire.
  2. Quand le coming-out est fini, remerciez la personne de s’être confiée à vous. Vous pouvez aussi la féliciter, car on ne le dira jamais assez: C’EST UNE BONNE NOUVELLE!
  3. Si la personne ne l’a pas évoqué dans son coming-out, demandez-lui comment s’adresser à elle désormais ; c’est-à-dire quel nom et quels pronoms utiliser et comment la genrer. Et respectez ses volontés!
  4. Proposez votre aide.
    Cela peut-être pour être là lors de prochains coming-outs, ou de faire l’annonce vous-même à certaines personnes, ou au contraire en gardant l’information confidentielle. Vous pouvez aussi simplement proposer votre écoute et votre présence.
  5. Enfin, allez vous éduquer de votre bord! Renseignez-vous en ligne, dans des livres ou auprès d’associations.
    Ce n’est pas à la personne qui fait son coming-out de faire votre éducation.

Comment réagir? 3 choses à ne pas faire:

  1. Poser des questions intrusives: sur d’éventuelles chirurgies ou traitements médicaux, sur les parties intimes de la personne, sur sa sexualité, etc….
    La personne non-binaire vous en parlera d’elle-même si elle en a envie.
  2. Considérer que la personne que vous connaissiez jusque là est morte.
    On ne devient pas non-binaire, on réalise qu’on est non-binaire à un moment de notre vie. On reste la même personne, mais peut-être que notre apparence externe va changer suite à cette réalisation (peut-être pas, ça dépend). C’est indécent pour les personnes qui sont réellement décédées et leurs proches de comparer le coming-out à une annonce de décès.
  3. Contredire la personne sur sa non-binarité, du type «Tu ne peux pas être non-binaire, parce que [insérer n’importe quelle raison]
    Vous n’êtes pas à sa place, vous ne pouvez pas savoir ce que cette personne ressent et est.
    Si vous n’êtes pas à l’aise avec l’annonce, dites simplement que vous avez besoin de temps, que vous voudriez en savoir plus et que vous allez vous renseigner de votre côté. Vous pouvez éventuellement demander à la personne qui vous a fait son coming-out si elle a une recommandation pour une source fiable.

Ce qu’il faut comprendre pour soutenir les personnes non-binaires

En fait, il n’y a rien à comprendre

Il est fort possible que vous n’arriviez pas à comprendre la non-binarité. Et le truc c’est que… il n’y a rien à comprendre!

Il existe une grande diversité d’identités non-binaires à travers des expériences multiples et variées qui peuvent vous paraître difficile à appréhender.
Même pour les individus non-binaires, décrire leur vécu et leur identité est complexe, en particulier dans notre société binaire où les mots et les références hors du cadre strict homme-femme sont presque inexistantes. Alors si vous ne comprenez pas la non-binarité, ce n’est pas grave.

D’ailleurs, il y a plein de choses que vous ne comprenez certainement pas: la théorie de la relativité, le jeu de go, le chat de Schrödinger, les cryptomonnaies ou la combustion humaine spontanée. Cela n’empêche pas toutes ces choses d’exister!

On ne vous demande pas de comprendre, on vous demande de respecter.

Ce que vous devez faire en tant qu’allié·e

  • Utilisez le nom et les pronoms que votre proche non-binaire a choisi, tout le temps et avec toutes les personnes qui sont au courant de cette identité.
  • Si vous vous trompez (ça va arriver), excusez-vous rapidement, corrigez-vous et poursuivez la discussion.
  • Reprenez poliment mais fermement les personnes qui n’utilisent pas le bon prénom ou pronoms. *
    * Cela est valable uniquement pour les personnes qui sont au courant de l’identité trans ou non-binaire de votre proche.
  • Lorsque vous parlez de la période pré coming-out d’une personne trans et/ou non-binaire (par exemple son enfance), utilisez son nom et ses pronoms actuels.
    On ne devient pas non-binaire à partir d’une certaine date, on l’a toujours été (sans nécessairement le savoir), ce n’était juste pas officialisé.
  • Respectez la volonté de la personne non-binaire de ne pas être désignée par des rôles ou dénominations genrées (femme, homme, mari, mec, fille, mère, père, Madame, Monsieur etc…). Utilisez plutôt des mot neutres comme partenaire, enfant, parent, personne,…

Ce que vous ne devez pas faire en tant qu’allié·e

Il y a certaines choses à ne pas faire car elles peuvent mettre en danger la sécurité émotionnelle, physique et mentale des personnes trans et non-binaires.

  • Ne dévoilez JAMAIS l’ancien nom (aussi appelé deadname) de votre proche non-binaire à des tiers, même si on vous le demande avec insistance.
  • Ne «outez» pas la personne à sa place ou sans son accord.
    Chaque personne trans et non-binaire doit pouvoir faire son coming-out selon ses termes et si les conditions sont favorables. Dans certaines situations, il est plus simple, moins dangereux ou moins énergivore de rester dans le placard (au travail, avec les parents, à la boulangerie du coin,…). Respectez le choix de votre proche non-binaire et ne forcez pas son coming-out.
  • Sauf si c’est une demande explicite de la personne non-binaire, évitez de comparer son apparence ou son look à des standards féminins/masculins. Ce qui est important, c’est que votre proche se sente à l’aise dans son apparence, pas de savoir si tel vêtement ou tel coupe de cheveux «fait femme» ou «fait homme».

Et si je ne sais pas comment aider et soutenir un proche non-binaire?

C’est très simple, demandez-lui!

Voici quelques idées:

  • accompagner à des rendez-vous médicaux
  • essayer/acheter ensemble de nouveaux vêtements ou du maquillage
  • fournir le nom et l’adresse d’associations LGBTQI+ locales
  • si le choix n’a pas encore été fait, tester des prénoms et pronoms
  • simplement passer du temps ensemble: sortir, parler afin de briser l’isolement qui peut parfois se créer autour d’un coming-out

En tant qu’allié·e, respectez et accompagnez ses tâtonnements et ses progrès qui ne seront pas toujours linéaires. Offrez un cadre bienveillant et sécuritaire à votre proche non-binaire afin de lui permettre de s’essayer et d’avancer dans son exploration identitaire. C’est une très belle marque de soutien et d’amour.

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